Chronique La Dernière Rose de l’été de Lucas Harari

Claire Rémy Librairie Maupetit (Marseille)

Une petite île couverte de verdure°: la mer et le ciel se disputent le plus beau bleu, les villas et maisons de village surplombent de petites criques. Tel est le décor du nouveau thriller de Lucas Harari. Après le vertigineux L’Aimant, en 2017, déjà chez Sarbacane, il signe là une nouvelle merveille !

Léo travaille dans une laverie parisienne afin de financer ses espoirs de devenir un écrivain reconnu. En attendant, il rêve plus qu’il ne se donne les moyens de ses ambitions. Le destin pourrait bien lui donner un coup de pouce. Son cousin, qu’il n’a pas vu depuis longtemps, vient un soir laver les draps tachés de son infidélité dans son lavomatic. Il propose rapidement à Léo de garder sa maison en bord de mer. N’ayant rien de mieux à faire, Léo embarque pour un été bien moins calme qu’il ne l’avait imaginé. Son flegme est d’abord mis à rude épreuve par les anciens à la sauvagerie toute insulaire, par le mystérieux propriétaire de la gigantesque villa voisine et enfin par la fille de ce dernier, une jeune fille à la beauté hitchcockienne. Mais une série de disparitions vont encore plus troubler la tranquillité de cet été caniculaire. On ne sait ce qui fait le plus monter la pression dans cette histoire. Bien évidemment, il y a le scénario ciselé et la tension savamment distillée. Nous évoluons aussi dans une BD d’ambiance mais quelle ambiance : la langueur moite de cet étrange été nous étouffe à chaque page°! Les cadrages ensuite, si intelligemment dynamiques : les plans larges et plus serrés se succèdent et s’imbriquent parfaitement dans les pages, de sorte que le regard est sans cesse en mouvement et tient le lecteur en alerte constante. Les couleurs enfin, si éclatantes et contrastées qu’on imagine sans peine l’odeur des fleurs en bord de chemin ou la fraîcheur bienvenue d'un carrelage sous les pieds. Qui dit couleur dit bien évidemment graphisme : si L’Aimant nous avait donné à découvrir un pur talent de dessinateur, la ligne claire, subtilement rétro de Lucas Harari fait à nouveau sensation et déborde paradoxalement de modernité. Que ce soit des paysages bucoliques ou l’intérieur sordide d’une gendarmerie, des silhouettes au loin ou un visage cadré de près, il semblerait que Lucas Harari sache tout faire avec brio. Si ses influences sont visibles au détour de nombreuses cases, il s’en détache malgré tout en y ajoutant sa patte d’architecte. Cette Dernière Rose de l’été est assurément le premier coup de cœur de l’automne !

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