Chronique Kanaky de Joseph Andras

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Pauline Girardin Librairie Les Beaux Titres (Levallois-Perret)

Après De nos frères blessés (Babel), Joseph Andras s’attaque de nouveau à un trou noir de la République française : la prise d’otages d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, d’avril à mai 1988. Cette micro guerre civile – indépendantistes contre militaires – a fait vingt-et-un morts. Kahyapa Dianou, un Kanak charismatique et engagé, en est l’épicentre. Voilà un texte dense, documenté, ardent et difficile à définir. Son auteur le qualifie de travail d’écrivain « [cheminant] entre quatre frères » : l’historien, le journaliste, le militant et le poète. Sa construction aussi est protéiforme : cette découverte de l’archipel français entrelace de vivants dialogues avec des témoins plus ou moins proches, ainsi que treize chapitres en italique, relatant la progression froide et factuelle de la logique étatique française dans la gestion de cette crise. Malgré son parti pris, c’est une puissante réflexion sur la barbarie et la civilisation. Son brillant propos ne peut qu’amener à se questionner. « Comment dire l’homme dont on dit qu’il n’en est plus un ? »

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