Chronique Road tripes de Sébastien Gendron

Jérôme Dejean Librairie Librairie Sauramps (Montpellier)

Nouveau venu chez Albin Michel, Sébastien Gendron nous entraîne avec Road Tripes dans un vrai faux roman noir en Cinémascope, Dolby Surround, 3D et pop-corn à volonté. De l’action, du suspense, de l’amour, de l’humour, des cascades en voiture et un duo de Pieds Nickelés… dont il manquerait le troisième larron !

Après nous avoir donné une furieuse envie de fredonner du Jacques Dutronc avec Taxi, take off and landing, chanter à plein poumon The Divine Comedy avec Quelque chose pour le week-end, tous deux publiés aux éditions Baleine, voici le retour de Sébastien Gendron chez un autre éditeur, Albin Michel, mais avec la même éditrice. C’est drôle, échevelé, un polar d’action et de bons mots sur un rythme enlevé qui, cette fois, incite à brailler du Steppenwolf, mais sans Harley David son of the... Revenons à l'histoire. Vincent, musicien raté, mauvais mari et père démissionnaire, est au chômage chronique. Après un énième ultimatum de sa tendre et douce, il accepte un job dans ses cordes (il est pianiste) : distribuer des prospectus dans les boîtes aux lettres. Sa route, et ce n’est que le début du voyage, croise celle d’un autre personnage en marge, Carell, « une sorte de cube juché sur des jambes maigrelettes », un type bizarre, bas du front, vrai voyou, vrai grand malade et totalement ingérable. Vincent se retrouve embarqué à l'insu de son plein gré dans une cavale sans fin sur les routes de France. Les catastrophes s’enchaînent sur un rythme fou pendant que les kilomètres défilent en zigzag. Des flingues, des braquages, de la bière, une infirmière, de la bière, des ploucs, des ploucs dangereux, les flics, la fin du monde, vous savez celle du 21 décembre 2012, des carambolages et encore plein de surprises. Même Johnny Hallyday et Frantz Liszt sont invités ! Vincent, au départ ballotté de tous côtés, se reprend peu à peu, se remet en question et s'interroge sur son parcours, ses attentes, ses aspirations. Ainsi au milieu de ce chaos, il trouvera peut-être enfin sa voie… même si c'est une voie de garage. Road Tripes, c'est aussi un mélange réussi de deux chansons de Charles Trenet : Nationale 7 et Douce France, mais en version rapide, avec des samples, des boucles, un orchestre symphonique et des roulements de cymbales. La cavale au ralenti la plus improbable sur les routes de France, « cher pays de notre enfance ». De Donzère à Montélimar, de Saint-Martial-le-Mont à Rochebonne. Car ce road movie livresque, ce Sur la route contemporain qui ne se prend pas au sérieux, est avant tout un formidable portrait de la France d’aujourd'hui, de ses peurs, de ses faiblesses, de ses espoirs et de toutes ces petites choses de la vie qui donnent du sel et du peps au quotidien. Crise, sinistrose, envole-toi, envole-toi... Vous l’aurez compris : si vous souhaitez vous faire plaisir, vous dégripper les zygomatiques, partir sur les routes dans un voyage au long cours sans tête-à-queue ni tête, Road Tripes est fait pour vous. Je reste persuadé que sur les plages cet été, au camping des Flots Bleus de Palavas comme au Carlton à Cannes, va retentir plus d’un rire, et même des fous rires pour cette histoire folle à lier. Merci d’avance à Sébastien Gendron !

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