Chronique Mistral perdu de Isabelle Monnin

Aurélie Bouhours Librairie Au Temps des Livres (Sully-sur-Loire)

Attention, amis lecteurs, vous tenez un petit bijou d’humanité entre vos mains. Isabelle Monnin a le chic pour nous émouvoir et nous replonger dans la France rurale des années 1970.

Savoir si ce roman est autobiographique n’est pas l’essentiel. L’essentiel est que ce récit intime est universel pour toute une génération, celle des années 1970. C’est l’histoire de deux sœurs. Ce sont « les filles ». « Les filles » dans la bouche de leurs parents, dans la leur aussi. Ces deux sœurs partagent tout, vivent tout à deux. On traverse les années 1970 puis 1980. Nous sommes dans une famille de gauche qui croit à l’école, à l’intégration par la culture et le savoir. La petite et la grande Histoire se racontent en parallèle. Et puis, un événement survient, tout bascule. La cadette décède brutalement. Peut-on devenir « je » quand on a tout le temps été « nous » ? Comment vit-on avec un trou dans le cœur, avec un vide aussi énorme ? Et pourtant, le monde ne s’arrête pas de tourner pour nous laisser le temps de reprendre pied, il faut continuer, essayer, tenter. La vie apporte d’autres moments de bonheur, de joie. Il y aura d’autres événements. Parler de l’écriture de l’auteure est essentiel. C’est une écriture efficace, sensible, simple. C’est tout à la fois un récit intime mais pudique, un récit émouvant sans être larmoyant, un récit sociologique sans être ennuyeux. À sa lecture, on a envie de s’asseoir sur un banc cinq minutes avec l’« héroïne » et de partager la vie, tant qu’il y en a.

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