Chronique L’Enfant de Calabre de Catherine Locandro

Nadège Badina Librairie Majuscule Birmann (Thonon-les-Bains)

Dans L’Enfant de Calabre, Catherine Locandro donne voix aux silences et vie aux fantômes. Et n’épargne personne !

Le jour de ses 39 ans, Frédérique, auteure désabusée, décide de faire le bilan de sa vie après avoir retrouvé une photo intolérable dans les affaires de sa mère décédée : son père dont les yeux sont dévorés par une inconnue. Y décelant également le logo d’une agence de détectives basée à Nice, elle décide, malgré ses réticences, de retourner dans la ville de son enfance pour résoudre les mystères familiaux. Mais ce n’est que le début d’une périlleuse quête identitaire. Catherine Locandro nous entraîne dans un voyage tant spatial que temporel. De Nice à Gênes, en passant par l’Indochine, elle entremêle savamment trois récits. Celui, en 1954, de l’amitié indéfectible de Matteo et Vitto, le père de Frédérique, celui de l’enquête actuelle de Frédérique et les lignes contenues dans son journal intime adressées à sa grand-mère calabraise morte à 39 ans et qui portait son prénom. L’auteure brouille les pistes, enchevêtre les indices, mais sourdent toujours ses thèmes de prédilection pour prouver que « Ce n’est pas le sang qui fait une famille, ce sont les rituels ». Avec un scénario maîtrisé qui se joue des anicroches et puise sa force dans une héroïne pourtant en proie aux doutes, elle déploie une odyssée familiale magistrale jusqu’au choc final. Décapant !

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