Chronique Elle qui ne sait pas dire je de Pierre Pelot

Nadège Badina Librairie de Paris (Saint-Étienne)

« C’était une force qui l’habitait, parfois trop bruyamment. La peur la décidait. La peur d’avoir peur d’avantage. Mais c’est comme cela que ça doit être, on n’y peut rien. »

Cardo croit s’être perdu. Il cherche une maison en Haute-Saône dans laquelle se trouve George Mique, surnommé l’Index. Sa femme est à nouveau à l’agonie et seul ce rebouteux peut la guérir. Mais ce dernier est mort. Au sein de cette maison se terrent désormais des êtres excentriques. Dans la cuisine, la vieille, figée sur sa chaise, soliloque un étrange sabir régional. À l’intérieur des buissons environnants, Mique la fille, âgée d’une vingtaine d’années, transperce les gens de ses yeux verts d’eau trouble sans leur adresser la parole. Aux alentours, le frère aîné Gussa, cantonnier bourru et fou, furète comme un chien qui ne se souvient pas où il a enterré son os… ou un hypothétique héritage. Désarçonné, Cardo entraîne à sa suite « celle qui a le don ». Dans cette atmosphère accablante, Pierre Pelot n’a pas peur de prendre le temps de détailler à l’extrême gestes et pensées. Avec une patience lucide, il invoque les non-dits. Soudain, entre passion et retenue, le fol acharnement de ces marginaux incapables de vivre autre chose que leur rêve forcené, est révélé. Stupéfiant !

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