Chronique La Meilleure Façon de s’aimer de Akli Tadjer

Par Nadège Badina, Librairie Majuscule, Thonon-les-Bains

Pour son huitième roman, Akli Tadjer revient avec un conte moderne teinté de mélancolie et de rêves hasardeux, mais entretenant toujours l’espoir en un lendemain meilleur.

Ce vendredi 11 mars 2011 restera à jamais gravé dans la mémoire de Saïd : alors qu’il vient d’apprendre que sa mère, victime d’un AVC grave, arrive enfin à bouger l’index droit, il se voit congédié de son poste de courtier, malgré les cinq années passées à la Cristalline d’Assurance. Cette « putain de journée » devient le prétexte pour plonger dans le quotidien de ce jeune Français d’origine algérienne, fait d’histoires d’amour en pointillés et de visites à sa mère à l’hôpital. Cette mère qu’il aime tant, avec qui il a partagé sourires, grincements de dents et silences abyssaux autour du couscous dominical, et qui, aujourd’hui, est cloîtrée dans ses souvenirs dédiés à cette mystérieuse « petite fille en robe jaune » . Dans une langue toujours aussi peu académique, argotique et musicale, Akli Tadjer livre une fable émouvante sur les soucis des immigrés algériens et leur intégration. Le sujet semble ardu, mais son style simple, piqué de dialogues juteux, de phrases pimentées et de formules fougueuses le transcende. Sans jamais basculer dans l’apitoiement, Akli Tadjer mêle humour, tendresse et cruauté, et révèle la clé d’une vie meilleure : arriver à s’aimer. Un roman délicat, drôle et grave à la fois.

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