Entretien Bel-Air de Lionel Salaün

Christophe Daniel Librairie La 25e heure (Paris 15e)

Découvert avec un premier roman très remarqué, Le Retour de Jim Lamar (Liana Levi, 2010), Lionel Salaün confirme son talent et le regard profondément humain qu’il porte sur ses personnages. Bel-Air est la chronique douce-amère de la jeunesse d’un quartier populaire d’une ville de province dans les années 1950.

Lionel Salaün prend pour cadre de son deuxième roman une cité populaire située dans les faubourgs d’une petite ville de province des années 1950. Au cœur de ce quartier, il y a un bistrot, Le Bel-Air, où une bande d’adolescents a ses habitudes et dont le livre décrit plus spécialement les figures de Gérard, le fils des patrons du café, et Franck. Tous deux partagent une amitié qui paraît indéfectible, presque fraternelle, que la guerre d’Algérie se chargera bientôt d’ébranler. Les choix que seront amenés à faire les deux adolescents les éloigneront progressivement l’un de l’autre, jusqu’à briser leur belle amitié. Le roman commence en réalité des années plus tard, lorsque la mairie décide de procéder à la destruction de la cité et de son café emblématique, et que Franck et Gérard se retrouvent à la faveur de ces circonstances – pour Franck, ces retrouvailles seront l’occasion d’obtenir des réponses à des questions qui ont hanté son existence…

 

Page — « La cité n’était plus qu’une vaste sépulture à ciel ouvert, la fosse commune de ma mémoire, au fond de laquelle le cœur nu, seul et sans outil, je décidai de plonger. » Lionel Salaün, qu’est-ce qui vous a incité à plonger dans l’histoire de cette sorte de roman de quartier ?
Lionel Salaün — L’élément déterminant, ce qui m’a d’abord inspiré ce roman, c’est la disparition de ce bistrot de quartier. Car il existe. Ou du moins son double de réalité, qui s’appelait également Le Bel-Air et se situait aussi au cœur d’un quartier populaire de la ville où j’ai passé ma jeunesse. Un jour, je suis passé par hasard devant ce bistrot que j’avais fréquenté adolescent, et j’ai constaté qu’il avait disparu au profit de logements pour étudiants. Il m’a semblé qu’un pan de ma mémoire s’évanouissait ; quelque chose s’est soulevé en moi sans que je sache très bien de quoi il s’agissait ni quelle sorte d’histoire s’apprêtait à en émerger. Mais l’envie de parler de ce bistrot ne m’a plus quitté à partir de ce moment. J’ai d’abord imaginé écrire une chronique sur les habitants du quartier et les habitués du lieu, puis la trame a évolué vers cette relation privilégiée entre Franck et Gérard. Ils se sont détachés du lot, en quelque sorte, jusqu’à devenir mes deux protagonistes. J’avais d’abord soif de restituer une atmosphère disparue, quelque chose de propre aux bistrots de quartiers où se retrouvaient à la fois les retraités des environs pour jouer à la belote et bavarder, et des jeunes, des chômeurs, des employés, etc. Cela n’existe plus, ça a un côté anachronique pour les adolescents des années 2010. Cette convivialité, ce mélange des générations se sont envolés. […]

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