Chronique Sale temps pour les braves de Don Carpenter

Par Christophe Daniel, Librairie La 25e heure, Paris 15e

Les éditions Cambourakis nous offrent un diamant brut et noir avec ce roman de Don Carpenter publié en 1966 aux États-Unis, aujourd’hui traduit en français.

On se demande pourquoi il aura fallu attendre si longtemps pour lire en français le premier roman de Don Carpenter, enfin publié en France, tant sa force, la vérité humaine de ses personnages et la justesse de son écriture en font un livre important de la littérature américaine des années 1960. De la moiteur des salles de billard à celle des hôtels sordides, la vie est violente et l’amour glauque dans la Californie de Carpenter. Pas de maison bleue ni de rêve hippie dans les rues de San Francisco. Pour Jack Levitt et Billy Lancing, chaque jour est un combat sans merci contre la fatalité et l’injustice. Un combat qui les conduit de l’orphelinat et la maison de correction à la prison de San Quentin. Les pages écrites par Carpenter sur l’univers carcéral et les rapports entre détenus comptent parmi les plus fortes qu’on ait pu lire sur le sujet – à ranger au côté de Falconer de John Cheever. Pas étonnant que George Pélécanos en fasse dans sa préface un si bel éloge, tant on retrouve chez les deux auteurs, quoique dans un style différent, la même empathie pour les personnages et des thèmes communs. Elle est dure, la pluie qui tombe sur ces garçons et ces filles. Le soleil n’est pas pour eux. Jamais.

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