Chronique C’était pas ma faute de Kristof Magnusson

  • Kristof Magnusson
  • Traduit de l’allemand par Gaëlle Guicheney
  • Coll. «Coll. « Bibliothèque allemande »»
  • Métailié
  • 01/09/2011
  • 272 p., 20 €

DANIEL CHRISTOPHE, Librairie LA 25ème HEURE, Paris

Kristof Magnusson signe une comédie enlevée pleine d’humour et de rythme. De quiproquos en chassés-croisés, le lecteur se délecte des (més)aventures d’un improbable trio romanesque.

La scène, c’est Chicago. Les personnages, ce sont un trader carriériste qui s’avère d’une touchante naïveté, un écrivain célèbre en panne d’inspiration qui décide de se planquer dans une chambre d’hôtel afin d’échapper à ses devoirs éditoriaux, et une traductrice scrupuleuse et désargentée qui le poursuit avec la ténacité d’un pitbull. Le tout bien secoué par un auteur islando-allemand, organiste de formation, traducteur de sagas nordiques, et dont certains des livres ont été adaptés au théâtre avec succès.

Jasper est un jeune banquier venu d’Allemagne pour faire carrière à Chicago. Menant une vie solitaire, il ne vit que pour son travail. Une rencontre fortuite le transforme bientôt en amoureux transi et l’amène à des manipulations financières de plus en plus douteuses, mettant en péril la banque qui l’emploie. À l’origine de ce coup de foudre, il y a Meike Urbanski. Elle est la traductrice de l’écrivain à succès Henry LaMarck, et vient de quitter Hambourg et Arthur pour s’installer à la campagne, où elle attend impatiemment le nouveau livre de « son » auteur, sa situation financière commençant à frôler le désastre. Le problème, c’est que le dit écrivain n’arrive plus à écrire, et que son projet de grand livre autour du 11 septembre n’a pas avancé d’une ligne depuis des mois. Et ces trois-là vont se courir après à un rythme endiablé tout au long du roman. Les rocambolesques péripéties que Kristof Magnusson imagine pour son sympathique trio, l’alternance de voix qui font se succéder à chaque chapitre les trois narrateurs sur un tempo soutenu, participent à la réussite de cette comédie légèrement vaudevillesque qu’on imagine volontiers jouée sur les planches d’un théâtre. Mais ne nous y trompons pas, c’est bien d’un roman qu’il s’agit, autant dans la forme que dans le propos, qui met habilement en scène la singulière relation entre un romancier et sa traductrice – accessoirement, c’est aussi l’occasion de comprendre le monde des traders. Des chiffres et des lettres, en somme.

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