Chronique La Douceur de la vie de Paulus Hochgatterer

  • Paulus Hochgatterer
  • Traduit de l'autrichien par Françoise Kenk
  • Coll. «Coll. « Les Âmes noires »»
  • Quidam
  • 02/12/2021
  • 298 p., 22 €

Par Christophe Daniel, Librairie La 25e heure, Paris 15e

Paulus Hochgatterer, que l’on avait découvert avec Brève histoire de pêche à la mouche (Quidam, 2010), revient avec un roman très différent, beaucoup plus sombre, encore plus réussi.

On vient de fêter Noël dans le village autrichien de Furth, où les nuits d’hiver sont longues et glaciales. Un matin, une fillette découvre son grand-père assassiné, gisant dans la neige, le visage écrasé. Dès lors, l’enfant cesse de parler. Qui a pu commettre un meurtre aussi atroce ? Comment parvenir à faire sortir l’enfant de son mutisme et l’amener à dire ce qu’elle a peut-être vu ? Deux hommes tentent de trouver des solutions à ces épineuses questions, le commissaire Ludwig Kovacs et le pédopsychiatre Raffael Horn. Ils prendront peu à peu conscience que, dans l’apparente quiétude du village, les blessures des vivants sont plus nombreuses et profondes qu’on ne voudrait le croire, et que le monde des adultes et celui de l’enfance coexistent souvent dans la violence. À partir de cette situation, Hochgatterer construit avec intelligence et subtilité un roman noir sans complaisance, dont chaque phrase est pesée. L’humain dans sa complexité, sa fragilité et sa bassesse, est au centre de ce roman choral. Les voix de ses multiples personnages résonnent encore longtemps après qu’on ai refermé le livre ; sa morale pessimiste (la vie finit toujours mal) suscite paradoxalement le désir de ne jamais se résigner.

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