Chronique Les Sœurs de Fall River de Sarah Schmidt

« Un tiers d’amour, un tiers d’intelligence, un tiers de mystère » : voilà comment Emma dépeint sa sœur, figure centrale d’un des crimes les plus sanglants de l’Histoire américaine.

Le 4 mai 1892, à Fall River, dans le Massachusetts, les époux Borden sont retrouvés assassinés à la hache. Seules la domestique, Bridget, et Lizzie, la fille cadette, étaient présentes au moment du crime. C’est sur cette dernière que vont se porter tous les soupçons. Même si elle fut acquittée lors de son procès, Lizzie Borden est devenue une icône du folklore américain, que Sarah Schmidt dépeint ici comme une femme-enfant capable de basculer soudainement dans une fascination morbide pour le cadavre de son père. Si le roman, comme un puzzle, évoque l’avant et l’après de ce drame sanglant, il laisse aussi la parole à ceux qui gravitaient autour des victimes. Les pensées intimes et souvenirs d’Emma Borden nous renseignent sur la complexité de sa relation avec sa sœur et l’on découvre le dégoût de Bridget pour les Borden, se comportant souvent comme s’ils étaient sous l’emprise d’une « fièvre » Puis apparaît Benjamin, cet homme de main inquiétant, embauché par l’oncle de la famille pour remettre le père dans le droit chemin. Les documents d’époque en fin d’ouvrage arrivent presque comme un soulagement, une possibilité de prendre du recul sur ce huis clos poisseux et ses âmes tourmentées.

Anne-Sophie Rouveloux Librairie Chroniques (Cachan)

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