Chronique Eva de Simon Liberati

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Catherine Florian Librairie Violette and Co (Paris 11e)

Simon Liberati, cet esthète bibliophile, admirateur de la littérature décadente de la fin du xixe siècle, transforme, avec délicatesse et précaution, une Eva de chair, en un personnage, l’Eva de papier. Il la transfigure grâce à son style poétique et sophistiqué, tout en s’interrogeant sur sa démarche. Ce qui fut une vampirisation et une descente aux enfers pour Eva Ionesco, au centre de l’œuvre d’une autre artiste, sa mère, Irina, qui la photographia pendant toute son enfance, nue, dans des poses érotiques, devient une rédemption avec l’entreprise littéraire du romancier, devenu son époux. Ce récit, aux tonalités mystiques, constitue un antidote aux poisons mortifères des images maternelles. Lorsque l’auteur rencontre Eva – il l’avait croisée, trente-cinq ans auparavant, alors qu’elle avait 13 ans –, il se reconnaît immédiatement dans la femme qu’elle est devenue. Comme lui, elle a sombré et touché des états limites. Cette réapparition engendre un acte salvateur : l’écriture d’un roman d’amour comme une profession de foi.

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