Chronique Écorces de Georges Didi-Huberman

Par Catherine Florian, Librairie Violette and Co, Paris 11e

Georges Didi-Huberman offre un magnifique texte personnel à partir d’une déambulation sur le site d’Auschwitz-Birkenau. Ou comment faire ressurgir le passé pour comprendre le présent.

Les seules photographies connues échappées de l’enfer des camps d’extermination nazis ont été prises clandestinement en août 1944 par des membres d’un Sonderkommando. Elles furent commentées par l’auteur à l’occasion d’une exposition en 2000. Ce fut, pour cet historien de l’art spécialiste de la Renaissance, un moment important de son travail sur les images et de ce qu’on peut en attendre. Sa réflexion a suscité une vive polémique à propos de la représentation de la Shoah, qui serait impossible, voire interdite. Dix ans après, visitant les lieux, il prend des photos, à l’instar des visiteurs, et comme eux s’exclame : « C’est inimaginable ! » Malgré tout, il faut imaginer, il faut regarder les images. Elles sont vraies comme le sont les morceaux d’écorce que le philosophe a arrachés aux bouleaux, ces derniers témoins, comme les fils barbelés et les sols fissurés, les uniques vestiges des chambres à gaz et les fleurs blanches qui ont poussé le long du tracé des fosses d’incinération. Il s’agit de « lire ce qui n’a jamais été écrit », dit-il en citant Walter Benjamin. Au-delà de la controverse, il soumet à notre méditation le fait que les images ne mentent pas plus que les mots. Les phrases et les montages peuvent en revanche le faire.

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