Chronique Atlas des lieux maudits de Olivier Le Carrer

Claudine Courtais Librairie Coiffard (Nantes)

Quels points communs entre l’Île Europa au large de Madagascar, le parc national zambien du Kasanka et le Triangle des Bermudes, entre le quartier de Cité Soleil à Haïti, le château de Montségur et la plaine de Ream au Cambodge ? À première vue aucun. Et pourtant Olivier Le Carrer a rassemblé leur histoire dans un livre explicitement nommé Atlas des lieux maudits.

Car là est le lien entre ces différents endroits de la planète : leur potentiel de malédiction. Cet infatigable marin et voyageur qu’est Olivier Le Carrer, par ailleurs auteur de nombreux traités de navigation et autres ouvrages sur le monde maritime, nous présente à travers ce joli petit album illustré par une vieille cartographie, un véritable guide des lieux à éviter ou pour le moins à aborder en connaissance de cause. Le livre, découpé géographiquement, nous entraîne à travers le monde à la découverte de villes, de villages, de territoires plus ou moins grands, que l’emplacement, l’histoire, la rumeur ou la folie des hommes ont rendu quasiment invivables. Mais comme on ne peut mettre à la même échelle tous ces lieux maudits, Olivier Le Carrer propose trois grandes raisons pour justifier leur mise à l’index. La première est liée aux croyances, qu’elles soient religieuses, s’appuyant sur des textes sacrés comme la malédiction d’Aton qui hante la Vallée des Rois en Égypte, ou plus en phase avec le dernier siècle en relevant du paranormal, comme l’énigme du Triangle des Bermudes ou la cauchemardesque maison d’Amityville à Long Island. La deuxième raison relève des particularités géographiques, allant d’un climat impossible comme au Cap Horn, aux volcans instables tel le Krakatoa sur les Îles de la Sonde ou la menace plus insidieuse du Cumbre Vieja dans l’archipel des Canaries. Cela sans oublier la diversité animale, parfois réelle menace pour l’homme : ainsi, dans un décor idyllique, le Cap York en Australie vous laisse le choix entre l’attaque de crocodiles tueurs, la piqûre fatale de méduses en tout genre et la morsure de serpents faisant partie des variétés les plus dangereuses au monde. Enfin, la troisième raison, mais non des moindres, est celle des cas où l’homme, par son activité, a rendu un site invivable, que ce soit par la pollution nucléaire comme à Zapadnaya Litsa, fjord russe sur la mer de Barents où s’entassent les épaves des sous-marins atomiques datant de la splendeur soviétique, ou par la mauvaise gestion de mines de charbon souterraines à Jharia, au nord-est de l’Inde, qui brûlent depuis un siècle, intoxiquant les hommes et rendant les terres incultivables. Au-delà de ce classement, il y a ces lieux maudits entre les maudits où le sort s’acharne, les éléments se combinant pour ne laisser aucun répit aux humains, telle la Cité Soleil à Haïti, que rien n’épargne, ni la pauvreté, ni la corruption, à chaque fois aggravées par le passage des cyclones et les séismes à répétition.

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