Littérature française
Luz
Un diamant dans les gravats
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Luz
Un diamant dans les gravats
Stock
19/08/2026
288 pages, 20,50 €
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Chronique de
Dolly Choueiri
Librairie Des gens qui lisent (Sartrouville) -
❤ Lu et conseillé par
7 libraire(s)
- Betty Duval-Hubert de La Buissonnière (Yvetot)
- Élodie Bonnafoux de Arcanes (Châteauroux)
- Maria Ferragu de Le Passeur de l'Isle (L'Isle-sur-la-Sorgue)
- Dolly Choueiri de Des gens qui lisent (Sartrouville)
- Charlotte Philippon de La Nouvelle Page (Paris)
- Coralie Brunel de Forum (Saint-Étienne)
- Mélanie Dumont de Le Loup Blanc (Étréchy)
✒ Dolly Choueiri
(Librairie Des gens qui lisent, Sartrouville)
Pour sa nuit au musée, le dessinateur Luz, que l’on connaît davantage pour ses bandes dessinées, livre son tout premier récit et choisit le musée Beaubourg, dans ce moment entre chien et loup où le musée n’est plus ouvert au public mais où les travaux n’ont pas encore commencé.
S’il avait pu choisir, Luz aurait aimé habiter la nuit dans le musée en chantier, pour que ce chantier et ces gravats, bien réels et concrets, résonnent aussi avec le chantier de reconstruction qui est un peu le sien depuis les attentats du 7 janvier et l’après Charlie Hebdo. Pour des raisons de sécurité, cette option n’était pas envisageable. Alors, dans le musée endormi où Luz déambule, son carnet à dessins en main, la figure de l’absence trône en majesté : l’absence des œuvres qui sont décrochées et rangées dans des caisses et qu’on ne reconnaît que par l’encadré qui leur est consacré, mais aussi, surtout, l’absence des personnes disparues. Elles sont partout et Luz poursuit une conversation interrompue il y a dix ans. Au fil de la déambulation, comme cela arrive souvent quand on plonge dans une œuvre d’art, il trouve aussi ce qu’il n’était pas venu chercher, il est emmené bien plus loin qu’il n’imaginait. Au cours de cette nuit, il s’interroge aussi dans ce temps de l’après Charlie : pourquoi continuer ce métier, pourquoi dessiner encore, pourquoi écrire, comment se reconstruire quand notre vie est menacée et que, à chacun de nos pas, des gardes du corps nous suivent en permanence ? Au-delà de l’absence, il y a aussi les rencontres bien concrètes. Celle par exemple de cette femme, agent de sécurité du musée, qui le suivra dans sa quête et lui offrira un visage humain à qui parler. Ce texte très émouvant se déploie dans une écriture délicate, très drôle par moments, de cet humour qui sauve du désespoir. Après l’horreur, après la nuit, l’aube arrive inexorablement et, au détour d’une rencontre, d’un chemin inattendu, d’un sourire dans le noir, étincelle comme un diamant au milieu des gravats.