Chronique Requiem pour une ville perdue de Asli Erdogan

  • Asli Erdogan
  • Traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes
  • Coll. «Lettres turques»
  • Actes Sud
  • 27/05/2020
  • 140 p., 17 €

Ophélie Drezet Librairie du Tramway (Lyon)

N’attendez pas un roman conventionnel où une narration mène la danse. En douze chapitres intenses, Asli Erdogan offre une prière à Istanbul, ville à laquelle elle a été forcée de dire adieu. Loin d’une nostalgie mal placée, la romancière turque transmue au contraire son expérience de l’exil et de la perte en une œuvre dense, où la narratrice devient une onde passante dans le fracas du monde. Chaque texte forme un chant puissant contre l’injustice, ses écueils politiques et les difficultés d’être une femme en Turquie. Déambulations au sein de la capitale, tirades poétiques pleines d’une puissance incantatoire°: l’auteur mène notre esprit au cœur même du Moyen-Orient. La violence de la perte et l’exil forcé sont le prétexte à l’écriture et, en même temps, une intense déclaration d’amour de l’auteur à sa ville natale. La violence se distille le long de chaque phrase, comme l’essence des mots et de la ville, imprégnant le texte d'une force extraordinaire.

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