Dossier Le laboratoire central de Jean-Bertrand Pontalis

Par Raphaël Rouillé Librairie Sauramps-en-Cévennes (Alès)

Double actualité pour J.-B. Pontalis : tandis qu’une série d’entretiens paraît sous le titre Le Laboratoire central aux éditions de L’Olivier, Gallimard publie Freud avec les écrivains, écrit avec Edmundo GÓmez Mango. L’occasion de nous interroger sur les liens entre psychanalyse et littérature.

Freud avec les écrivains permet d’émettre l’hypothèse selon laquelle la littérature était inscrite au cœur de la théorie freudienne. Que ce soit dans l’origine et l’élaboration des concepts, dans l’usage des nombreux exemples empruntés à la littérature ou dans la conception du langage et dans une pratique du savoir en mouvement, on observe une attirance de Freud en direction des écrivains. Le livre montre plus particulièrement ce que la psychanalyse (et notamment Freud) doit à la littérature. À travers ses nombreuses lectures (Shakespeare, Goethe, Schiller, Heine, Dostoïevski…) ou par ses multiples rencontres (Zweig, Schnitzler, Romain Rolland, Thomas Mann), Freud a noué une relation intime avec la littérature. Il fait plus que lire Shakespeare, plus que s’y référer, « il s’en est littéralement nourri, il l’a incorporé » explique Pontalis qui se demande aussi si Hamlet, qualifié de « névrosé universellement célèbre », ne devrait pas sa célébrité « au fait qu’il est plus actuel, plus moderne que l’Œdipe de la légende » ? Dans Le Laboratoire central, Pontalis aborde de nombreux sujets en rapport avec la psychanalyse, et ceux en lien avec la littérature s’avèrent particulièrement instructifs. Ainsi, dans un échange avec Michel de M’Uzan, il évoque l’effet « d’emboîtement réciproque » entre psychanalyse et littérature. Abordant l’espace littéraire, il remarque qu’il n’est pas très éloigné de l’espace psychanalytique et que la littérature place souvent le lecteur en position d’analysé. La discussion s’achemine ensuite vers la possibilité ou non d’écrire la psychanalyse, autre grand sujet de débat. Interrogé par Pierre Bayard, il revient sur une formule écrite dans son « post-scriptum » à L’Amour des commencements (Folio) : « La pratique de l’analyse est à la fois ce qui m’empêche d’écrire et ce qui le permet. » Entre l’analyste et l’écrivain, ce sont toutes les contradictions et tous les points communs qui surgissent, pour notre plus grand plaisir.

Les autres chroniques du libraire

À VOS MARQUES, PRÊTS, LISEZ !

Panne d'inspiration ?

Nos libraires vous conseillent à domicile
tous les vendredis pour vous et vos enfants

Je veux recevoir 6 idées lectures pour moi et ma famille

@