Dossier Je t’emmenerai danser chez Lavorel de Dominique Fabre

Christophe Daniel Librairie La 25e heure (Paris 15e)

Dominique Fabre publie un magnifique roman, Photos volées (L’Olivier), et un recueil de poésie à la nostalgie lumineuse, Je t’emmènerai danser chez Lavorel (Fayard), deux formes différentes pour faire entendre la même émotion.

L’œuvre que construit Dominique Fabre est celle d’un écrivain engagé. Un engagement qui se situe moins sur le plan politique, que sur celui de l’humanisme et qui passe par le regard empathique et tendre qu’il porte sur le monde et les êtres. Jean, le narrateur de Photos volées, vient de perdre son travail à l’âge de 58 ans et profite de ce temps soudainement libéré pour mettre un peu d’ordre dans son appartement et dans sa vie. Des années avant d’occuper l’emploi alimentaire qu’il vient de perdre, il avait fait de sa passion, la photographie, son premier métier. Le moment est venu de se replonger dans ces images de son passé, de les trier et de voir sa vie se révéler. Par ces photos, son existence est en effet « rendue visible » à ses yeux. Et à ceux du lecteur. La ronde des souvenirs, des amitiés et des amours parfois perdues ne font pas pour autant de Photos volées un roman tourné vers le passé, figé dans une nostalgie confite. C’est au contraire ces images d’une vie qui vont insuffler une dynamique particulière à l’existence de Jean et orienter en conséquence son présent vers de nouvelles rencontres et expériences humaines. L’écriture de Fabre a cette faculté magique de rendre précieux chaque moment d’un parcours et d’éclairer la banalité des choses de telle façon qu’il en dévoile toute la force d’émotion. Émotion qu’il sait aussi faire naître dans le choix et la description des lieux du roman, des quartiers de Saint-Lazare et de la Chaussée d’Antin ou de banlieues comme celles d’Asnières-Gennevilliers ou Courbevoie. Dans une forme cette fois poétique, Je t’emmènerai danser chez Lavorel – on croirait le titre d’une chanson – tisse avec la même grâce des liens entre le souvenir et le présent. Dominique Fabre semble fredonner, là encore, la fragilité des vivants et la révélation d’un temps retrouvé.

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