Chronique La Femme du potier de Thierry Dedieu

Claire Lebreuvaud Librairie Comptines (Bordeaux)

Les théières d’Ahmad Reza sont prisées des marchands d’art qui se bousculent dans son atelier. Sa femme reste sur le seuil, l’entrée lui est interdite. En catimini, elle observe son mari, elle aime quand il plonge ses doigts dans la terre puis quand, d’un geste, un vase naît. Un jour, bravant l’interdit, elle s’empare d’un pain de glaise, creuse, redresse les parois. Des mois durant, en cachette, elle modèle des pots, jusqu’au jour où un marchand d’art la surprend. Depuis ce jour, les visites s’enchaînent. Mais pour elle, pour son travail. Le grand potier Ahmad Reza est devenu le mari de la céramiste. Kuro Jiki, alias le talentueux Thierry Dedieu, questionne avec beaucoup de subtilité, l’égalité homme/femme dans cette fable ingénieuse. Le travail sur la couleur est remarquable : on passe du jaune clair au rouge le plus sombre comme si on suivait l’humeur du potier qui, peu à peu, prend ombrage de la reconnaissance artistique de sa femme.

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