Chronique Le Bureau des objets perdus de Catherine Grive

Claire Lebreuvaud Librairie Rêv’en pages (Limoges)

On a tous dans nos armoires, roulé en boule ou délicatement plié, une fringue fétiche, de celles qui nous donnent confiance et assurance pour affronter la vie.

Pour l’adolescente de ce roman, il s’agit d’un blouson. Un blouson marron vieilli et tendre, craquelé aux coudes, à la doublure douce comme un pyjama de bébé, avec un écusson sur la manche et une tâche râpeuse sur l’épaule qu’elle aime caresser. Un blouson qui, à la seconde où elle l’enfile, lui donne force et confiance en elle, lui sert d’armure contre les garçons trop collants et les filles à qui elle n’a rien à dire. Un blouson qui ne quittait jamais les épaules de baroudeur de Tonton Tozzi, le frère de son grand-père, jusqu’à ce qu’il lui offre le soir de son anniversaire. Seulement un matin, plus de blouson. Disparu, envolé, égaré. Une habitude pour cette adolescente qui a pour manie de tout perdre, tout le temps depuis sa première peluche sur une aire d’autoroute, sauf que là il s’agit de SON blouson. Commence alors une longue quête laborieuse, obsédante, jusqu’à ce qu’elle entende parler du bureau des objets perdus. Un joli premier roman qui évoque avec délicatesse, pudeur et humour l’adolescence. Ce drôle d’âge où, bravache, on aime se planquer derrière une seconde peau, qu’elle soit en cuir ou non, par crainte de grandir en s’ouvrant trop brutalement au monde.

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