Chronique Avant et après la chute de Richard Bausch

  • Richard Bausch
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Stéphanie Levet
  • Coll. «Coll. « Du monde entier »»
  • Gallimard
  • 13/05/2015
  • 23 p., 50 €

Bertrand Morizur Librairie L’Arbre du voyageur (Paris 5e)

Natasha et Michael s’apprêtent à se marier lorsque surviennent les attentats du 11 septembre 2001. Mêlant l’intime et le collectif, Richard Bausch réussit un roman bouleversant sur le mal d’amour dans un monde en crise.

La liste est longue des écrivains qui ont évoqué les répercussions des attentats du 11 septembre 2001 sur la société américaine : Don DeLillo, Jonathan Safran Foer, Jay McInerney, Claire Messud… La structure même du nouveau roman de Richard Bausch donne le ton. Trois chapitres, intitulés « Avant », « Pendant », « Après », ordonnent le récit, inauguré par l’histoire d’un coup de foudre que Richard Bausch décrit avec la précision d’un entomologiste. La rencontre de Natasha Barrett et Michael Faulk relève du miracle, non seulement parce que la religion occupe une place prépondérante dans le roman (Faulk, à l’approche de la cinquantaine, renonce à la prêtrise), mais aussi parce que cette femme et cet homme, qui se sont réfugiés dans le travail, manquent de repères. Certes, seize années les séparent, des blessures intimes tardent à se refermer, mais ils tombent aussi follement que désespérément amoureux l’un de l’autre, et cette union inattendue leur offre des perspectives insoupçonnées. Bausch nous plonge dans l’intimité d’un couple qui se trouve séparé au moment des événements qui font vaciller la puissance américaine. Alors que le roman évoque les préparatifs de la riposte aux attentats, une image violente nous apparaît, une bombe à fragmentation dont les effets se propagent jusqu’aux confins du pays et même au-delà. Ce sont en effet autant de témoignages d’une nation désorientée qui jalonnent le récit. Le doute, l’ambivalence, ainsi que le besoin d’empathie et de reconnaissance figurent parmi les thèmes abordés par l’auteur. Peu connu en France, Richard Bausch fait penser à Russell Banks ou à Richard Ford pour son sens de la narration et sa psychologie subtile. En abordant la question de la morale et de la rédemption dans une Amérique meurtrie, il réalise ici un coup de maître.

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