Chronique Le Septième Jour de Yu Hua

  • Yu Hua
  • Traduit du chinois par Isabelle Rabut et Angel Pino
  • Actes Sud
  • 01/10/2014
  • 272 p., 22 €

Bertrand Morizur (L'arbre du Voyageur - 75005 Paris)

Peuplé d’images puissantes et de personnages en quête d’amour et d’absolu, Le Septième Jour se fait l’écho des sans-voix, des sans-argent, des sans-sépulture. Magistral.

 

Dans ce nouveau roman de Yu Hua, à la fois glaçant et poétique, il existe un monde intermédiaire, fait de plaines et de vallées, de forêts et de déserts, dans lequel errent les morts sans sépulture. C’est le cas de son personnage principal, Yang Fei, mort dans une explosion, alors qu’il déjeunait dans une gargote et que l’on va suivre durant sept jours de marche parmi d’autres morts, squelettes en attente de la reconnaissance de leur passage sur terre. Yang Fei recherche son père adoptif disparu sur terre ; il poursuit sa quête dans l’au-delà. Il retrouve des figures de son passé, ancien amour ou simples voisins eux aussi décédés. L’histoire de chacun d’entre eux sert de prétexte pour dénoncer une société gangrenée par la corruption, les excès de la consommation, la pauvreté endémique qui ne laisse guère d’échappatoires, sinon de recourir à la prostitution ou à la vente d’organes… Yu Hua, dont on connaît l’engagement politique, dénonce avec virulence l’individualisme et la déshumanisation qui gagnent du terrain dans la Chine actuelle. Infatigable pourfendeur des maux qui déchirent la société chinoise, l’auteur de Brothers (Babel) livre, une fois de plus, un diagnostic amer de son pays.

 

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