Chronique 100 maisons de Delphine Le Lay, Alexis Horellou, Marion Boé, Bertrand Poulain

Guillaume Boutreux Librairie M’Lire (Laval)

100 maisons - La cité des Abeilles, ou l’histoire d’un projet hors normes réalisé par des gens simples grâce à l’élan de solidarité instillé par l’association des Abeilles. Une authentique aventure humaine racontée par les auteurs de Plogoff (Delcourt).

Avec Plogoff, paru aux éditions Delcourt, Delphine Le Lay et Alexis Horellou s’étaient déjà intéressés au pouvoir que peut engendrer un mouvement de solidarité sociale porté par une idée fédératrice. Ils y évoquaient le mouvement de résistance né au milieu des années 1970 autour d’un village breton, Plogoff, face à l’implantation d’une centrale nucléaire décidée en haut lieu, au mépris de la volonté des habitants voisins du site et de toute considération écologique. L’ouvrage, en plus de sa valeur documentaire, avait suscité un fort engouement, notamment en lien avec les événements de Notre-Dame-des-Landes. Pour l’écriture du scénario de 100 maisons - La cité des Abeilles, Delphine Le Lay s’est adjoint la collaboration de Marion Boé, réalisatrice d’un documentaire intitulé La Cité des Abeilles, dans lequel elle évoque l’histoire de ses propres grands-parents. Nous nous retrouvons donc à Quimper, en 1950. Une fois passées les réjouissances liées au retour de la paix, les lendemains de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas forcément pour tous des lendemains qui chantent. Les destructions liées au conflit ont provoqué une grave crise du logement. Les populations des classes ouvrières en sont réduites à louer des habitations insalubres en échange de loyers exorbitants, l’accès à la propriété n’étant pour elles que chimère. L’opportunité offerte par l’association des Abeilles semble donc tomber du ciel pour les Quimpérois. L’idée de départ est simple : il s’agit de réunir cent familles pour qu’elles puissent construire ensemble les cent maisons de leur propre cité HLM, avec un investissement initial minimal. La réalisation du projet s’avère bien sûr plus délicate : des jalousies, extérieures comme intérieures, ainsi que les aléas de la vie minent les enthousiasmes les plus vifs, d’autant plus que le travail s’annonce de longue haleine : quatre années de sacrifices et d’efforts pour tous. Mais le jeu en vaut la chandelle ! Tout comme Plogoff, 100 maisons - La cité des Abeilles n’est pas sans rappeler les bandes dessinées d’Étienne Davodeau, telles Rural ou Les Mauvaises Gens (Delcourt). On y retrouve cette volonté de montrer la nécessité du lien social et sa puissance innovatrice lorsque les communautés doivent faire face à l’adversité, quelle qu’elle soit. Rien de tel alors que de faire témoigner les personnes qui composent le mouvement dans toute leur simplicité. Bref, montrer l’humain.

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