Littérature française
Tiphaine Le Gall
D'ailleurs, ce n'est pas ma maison
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Tiphaine Le Gall
D'ailleurs, ce n'est pas ma maison
La Manufacture de livres
02/01/2026
314 pages, 20,90 €
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Chronique de
Emmanuelle George
Librairie Gwalarn (Lannion) -
❤ Lu et conseillé par
5 libraire(s)
- Laurence Behocaray de I.U.T. Carrières sociales, Université (Tours)
- Emmanuelle George de Gwalarn (Lannion)
- Hélène Menand de du Parchamp (Boulogne-Billancourt)
- Valérie Fèvre de La Cabane à lire (Bruz)
- Christelle Le Botlan de Un livre sur l'étagère (Châteaubourg)
✒ Emmanuelle George
(Librairie Gwalarn, Lannion)
Tiphaine Le Gall signe un troisième roman lumineux et intime à La Manufacture de livres. Entre fiction et autofiction, contemplation et réflexion, une invitation à penser le temps qui passe et les lieux qui nous façonnent.
À la faveur d'un moment de solitude dans sa maison, une femme, la quarantaine, remonte le fil des souvenirs des endroits qui ont marqué son existence. Des maisons, des chambres, des rues, etc. En de courts chapitres, elle interroge les espaces habités ou parcourus et la manière dont ils ont agi sur ses sentiments, ses choix, sa vie. Principalement en Bretagne, plus précisément dans le Finistère. En contrepoint à son récit d’une éducation familiale et intellectuelle plutôt privilégiée, elle convoque les souvenirs d’une éducation sentimentale chahutée de ruptures et soldée par une séparation maritale. Parallèlement, elle évoque son amitié avec Louise, une amie d’enfance qui s’est suicidée à l’âge adulte. Dans ce roman intime et contemplatif, oscillant entre passé et présent, questionnant la quête de soi et l'importance des lieux de vie qui nous transforment malgré nous, Tiphaine Le Gall sait joliment flirter avec la nostalgie et sourire face à la tristesse et la mélancolie. Son roman, qui emprunte son titre à un vers de Jacques Prévert, conjure la douleur du deuil et de la rupture. Ressurgissent ici l’enfance et la candeur, la jeunesse et les rêves pour mieux vivre le présent. Là, des notes éparses, des réflexions sur l'amour, la famille, les enfants, avec pour pierre angulaire la maison. Maison d'enfance perdue au divorce des parents, maison achetée avec son mari, maison qu'elle tente de se réapproprier après sa séparation. Voici un roman de deuil et de mémoire mais aussi un texte sur l'identité et l'appartenance et sur ce qui fait tenir, quand bien même les fondations sont fragiles et les fissures apparentes. Tiphaine le Gall interroge ici ce que signifie habiter un lieu, un corps, une vie avec un style alerte et poétique qui capte l’intime et ses petites intensités.