Littérature française
Rachida Brakni
La Part absente
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Rachida Brakni
La Part absente
Stock
19/08/2026
240 pages, 20 €
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Chronique de
Katia Leduc
Librairie L'Embarcadère (Saint-Nazaire) -
❤ Lu et conseillé par
4 libraire(s)
- Hélène Menand de du Parchamp (Boulogne-Billancourt)
- Ellen Brezellec de Auréole (Auray)
- Dolly Choueiri de Des gens qui lisent (Sartrouville)
- Lorie Taglione de Hisler-Even (Metz)
✒ Katia Leduc
(Librairie L'Embarcadère, Saint-Nazaire)
Remarquée avec Kaddour dans lequel elle retraçait l’histoire de son père, Rachida Brakni nous revient en cette rentrée littéraire avec un roman intimiste et saisissant, au style parfaitement maîtrisé.
Karina Leroy mène une vie qu’elle contrôle parfaitement et tout semble lui réussir : elle est à la direction d’une galerie d’art en plein essor, entourée d’une famille aimante composée de son époux Vincent et de sa fille adolescente Elena. Lors de l’inauguration d’une exposition de photographies, elle reconnaît, sur l’un des clichés pris pendant la guerre d’Algérie, sa mère, Zohra, alors jeune fille et complètement apeurée. Le choc est terrible et plonge Karina dans une forme de sidération qui la confronte à un passé occulté et un mensonge éhonté : la quadragénaire s’appelle en réalité Karima. Elle a fui ses origines sociales, renié sa famille pour se créer une nouvelle identité lors de ses études artistiques à Berlin, avant de revenir à Paris par amour pour Vincent mais à l’insu de ses proches. À la suite de cette déflagration, Karima entreprend de retrouver ses racines et part à la rencontre de sa famille, abattant ses défenses et renouant ainsi avec sa part abandonnée. Le récit de sa réconciliation avec son passé alterne avec le vécu traumatisant de sa mère, victime de la guerre intérieurement détruite par un colonialisme forcené qui la conduira à se réinventer en France. Une confrontation terrible va toutefois opposer Karima et sa sœur Naïma qui ne peut lui pardonner sa disparition subite vingt-cinq ans plus tôt et les conséquences dévastatrices de son abandon. Rachida Brakni, dans ce premier roman intime et émouvant, dresse des portraits de femmes tout en justesse, aux prises avec l’Histoire et ses incidences, une génération détruite par la guerre qui a su se reconstruire pour ne pas céder à la honte. Elle évoque avec subtilité et une belle sensibilité l’exil, la douleur des non-dits, les carcans social et familial, la difficulté d’être soi et d’assumer pleinement son identité.