Littérature française
Christopher Laquièze
La Rosa perdida
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Christopher Laquièze
La Rosa perdida
JC Lattès
14/01/2026
262 pages, 20 €
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Chronique de
Katia Leduc
Librairie L'Embarcadère (Saint-Nazaire) -
❤ Lu et conseillé par
4 libraire(s)
- Laurence Behocaray de I.U.T. Carrières sociales, Université (Tours)
- Dolly Choueiri de Des gens qui lisent (Sartrouville)
- Caroline Gelly de Le Chat borgne (Belfort)
- Aquilina Tannous de Goulard (Aix-en-Provence)
✒ Katia Leduc
(Librairie L'Embarcadère, Saint-Nazaire)
Premier roman pour Christopher Laquieze qui emprunte aux auteurs sud-américains une langue riche et foisonnante et nous offre un récit de résistance, d’amour et de haine hautement romanesque. Réjouissant !
Ce roman s’ouvre sur une scène glaçante : la découverte d’une femme, Sofia Ordonez, pendue sur la place publique de San Jacinto del Rio, petit village d’Amérique du Sud sous la férule d’une dictature militaire. Elle était la tenancière de la Rosa Perdida, le bordel le plus réputé de la région. Rien pourtant ne prédestinait Sofia à cette situation. À l’origine, cette jeune femme isolée vivait chichement de la vente de ses fruits et était soupçonnée par la population d’aimanter la mort. Après les décès violents de son mari et de ses parents, sa rencontre auprès de Mario, menuisier arrivé clandestinement au village, va tout bouleverser. Dans une société minée par les rivalités et la peur, va naître un amour fusionnel épris de liberté et uni dans une même volonté : la destitution du dictateur Isidro Galvez. À la tête d’un réseau de résistance qui ne demande qu’à s’étendre, Sofia va mettre en place un jeu de dupes au sein de son établissement. Dans ce lieu de toutes les perditions, les voluptés et les plaisirs sont savamment utilisés pour connaître l’ennemi dans ses secrets les plus intimes, au risque de s’y perdre corps et âme. Christopher Laquieze, spécialiste et amoureux fou de la littérature latino-américaine, applique avec précision les composantes du genre : la trame est foisonnante, la flore luxuriante et le récit, empreint d’un réalisme magique distillé à juste escient, accompagne parfaitement l’intrigue en donnant une véritable profondeur aux différents protagonistes. La relation entre Sofia et son fils, Matias, est finement exploitée et croît dans une tension dramatique tout au long du roman jusqu’à son achèvement magistral ! L’auteur s’inscrit dans la droite lignée d’auteurs tels que Miguel Bonnefoy, Luis Sepulveda dans une langue fluide et poétique. Il entrecroise des destins saisissants et ravira les amateurs du genre !