Littérature française
Alexie Morin
La Maison du rang Lynch
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Alexie Morin
La Maison du rang Lynch
Le Quartanier
21/08/2026
416 pages, 24 €
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Chronique de
Katia Leduc
Librairie L'Embarcadère (Saint-Nazaire) -
❤ Lu et conseillé par
4 libraire(s)
- Jean-Marie David-Lebret de Lo Païs (Draguignan)
- Emilie Berto de Pantagruel (Marseille)
- Charles-Henri Bradier de L'Écritoire (Semur-en-Auxois)
- Clémence Burgun de La Marge (Haguenau)
✒ Katia Leduc
(Librairie L'Embarcadère, Saint-Nazaire)
Alexie Morin ouvre avec ce premier volume le Cycle de Wickford Mills, un huis clos familial tourmenté au cœur des Cantons-de-l’Est québécois. Un récit initiatique et psychologique magistral, ou l’art de mélanger les genres.
Au Canada, près d’une ville industrielle, la famille McCabe possède tout un hameau en lisière de forêt depuis plusieurs décennies. La parenté est nombreuse et Marylou, la dernière de la fratrie initiale, fait perdurer la mémoire de ce clan. Elle héberge Vincent, son neveu en rupture avec sa mère. Sa naissance correspond à la mort de Samuel, son frère alors âgé de 3 ans. Vincent est une personne torturée qui cherche des réponses à ce drame, amplifié par la disparition subite de son père Gilles, lui-même hanté par cette tragédie. Cette disparition fait écho à la fugue d’Anne-Claire, l’aînée des McCabe, des années plus tôt et dont le spectre semble hanter les bois. Aujourd’hui adolescent, Vincent, accompagné de son cousin David, n’aura de cesse de mettre un terme à cette malédiction familiale. L’autrice délivre un roman puissant (à l’image de la relation entre Vincent et David), rythmé par de nombreux drames se déroulant au sein d’une nature mystérieuse et oppressante. Un récit sur le deuil, le lien à l’invisible, les schémas familiaux qui se répètent d’une génération à l’autre, marqués par une violence primitive et de nombreux non-dits. Alexie Morin traite avec acuité des souffrances héréditaires, de la maladie mentale sous-jacente qui rampe insidieusement. L’atmosphère, à la limite du gothique, fait écho à la psychologie très détaillée des personnages. Alexie Morin se joue des temporalités pour une immersion au plus profond de la psyché humaine, des affres de l’adolescence à qui tout paraît possible mais qui rage d’être coincée au milieu de nulle part. Son univers romanesque d’une richesse rare rappelle ceux d’Emily Brontë, Shirley Jackson et bien d’autres encore. Ce premier opus ne peut laisser indifférent et sa suite est attendue avec impatience !