Chronique La Boîte noire de Shiori Ito

La Boîte noire est un témoignage sans fard sur les violences sexuelles au Japon. La journaliste Ito Shiori enquête sur son propre viol. Une lecture qui ne laisse pas indifférent et qui révolte.

« Le procureur chargé de l’affaire m’a déclaré que l’événement s’était passé à l’intérieur d’une pièce fermée, une boîte noire. Jusqu’à maintenant, j’ai consacré toute mon énergie, en tant que partie prenante et en tant que journaliste, à faire la lumière sur cette boîte noire. Mais plus je tentais d’ouvrir cette boîte, plus je trouvais de nouvelles boîtes noires imbriquées dans les procédures d’enquête et dans le système judiciaire japonais. » Si la vague de libération de la parole des femmes victimes de violences a gagné de nombreux pays, elle est restée limitée au Japon où seuls quelques témoignages ont émergé. Au pays du Soleil-Levant, les victimes de tels actes sont plutôt encouragées à se taire. Malgré tout, quelques voix s’élèvent pour dénoncer les violences dont elles ont été victimes et s’exposent à de profonds obstacles. Sans le vouloir, la journaliste Shiori Ito est certainement devenue le visage du #MeToo dans le pays. Après avoir déposé plainte en 2015, elle a raconté publiquement, en octobre dernier, le viol dont elle a été victime, au moment où l’onde de choc du #MeToo frappait l’Occident. C’est lors d’une conférence de presse qu’elle a donné le nom de son agresseur, Noriyuki Yamaguchi, patron du bureau de la chaîne de télévision japonaise TBS, à Washington, et proche du Premier ministre Shinzo Abe. Dans son livre, elle raconte sa souffrance et le tabou des violences sexuelles dans la société japonaise. Selon une étude de 2015, les trois-quarts des victimes de viol expliquent n’en avoir jamais parlé à personne et seuls 4 % des femmes portent plainte. Ito Shiori dénonce avec courage le tabou du viol au Japon et livre son combat pour faire changer le regard que porte la société japonaise sur les victimes d’agressions sexuelles et pour que les lois évoluent en faveur des victimes.

Delphine Demoures Librairie des Halles (Niort)

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