Littérature française
Jean-François Beauchemin
Herbier du souvenir
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Jean-François Beauchemin
Herbier du souvenir
Québec Amérique
20/08/2026
232 pages, 20 €
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Chronique de
Emmanuelle Cassagnes
Librairie Liber & Vous (Bourgueil) - ❤ Lu et conseillé par 10 libraire(s)
✒ Emmanuelle Cassagnes
(Librairie Liber & Vous, Bourgueil)
Le Roitelet racontait la maladie, la vie se frayant un chemin à travers la mort annoncée, malgré tout. Avec la même infinie tendresse, Herbier du souvenir accueille le deuil au quotidien, lorsque peu à peu la joie revient.
Le Roitelet n’est plus. Voici deux ans que sa vie s’est interrompue. Deux années que Jean-François Beauchemin assemble, à la manière d’un herbier, des instants de vie, des instantanés de mémoire. Il prolonge ainsi l’album botanique de son frère, passionné et attentif observateur de la vie. Avec une poésie de l’instant, l’auteur écrit la douleur du manque, suivie rapidement de l’apaisement d’une peine qui ne disparaît pas mais reste en son cœur, attendrie, intégrée au terreau de son bonheur. Car s’il évoque la tristesse face à la mort de son frère, les souvenirs qu’il convoque font résonner les échanges lumineux de leur duo et le conduisent rapidement à panser ses blessures sans les occulter. Ainsi la mort n’est plus qu’absence définitive du corps et rencontre avec l’âme. En une centaine de très courts chapitres, Jean-François Beauchemin dessine un retour au calme, à l’apaisement d’un chagrin immense. Il esquisse des souvenirs de jeunesse, l’amour maternel, le lien fraternel et leur évolution en soixante-dix ans de vie partagée. Il donne une voix à son frère en de savoureux instantanés de dialogues remettant sans cesse la vie au centre. La nature est partout, offerte au ressenti avec une acuité rare et sublimée par le passage des saisons, celles de ces deux années de deuil et de leurs vies mêlées. L’ensemble de ce récit se butine avec douceur. Le bonheur, l’amour, la maladie, la vieillesse, l’éphémère, la lenteur, l’âme, le corps, la vie : chaque souvenir de cet herbier est sujet à une réflexion à la lisière du spirituel. C’est là, entre le réel et la rêverie, entre le corps et l’âme, que Jean-François Beauchemin rencontre son frère défunt dans toute sa poésie sauvage. Toutes les promesses de ce titre, juste et plein de finesse, sont tenues. Bouleversant !