Littérature étrangère
Anne Cathrine Bomann
L’Aquarium
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Anne Cathrine Bomann
L’Aquarium
Traduit du danois par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen
La Peuplade
19/03/2026
296 pages, 22 €
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Chronique de
Emmanuelle Cassagnes
Librairie Liber & Vous (Bourgueil) -
❤ Lu et conseillé par
9 libraire(s)
- Christelle Chandanson de Elkar (Bayonne)
- Vinciane Cannic de Le Livre bleu (Versailles)
- Juliet Romeo de La Madeleine (Lyon)
- Coralie Brunel de Forum (Saint-Étienne)
- Margot Bonvallet de Passages (Lyon)
- Clémence Burgun de La Marge (Haguenau)
- Emmanuelle Cassagnes de Liber & Vous (Bourgueil)
- Alice Karle de Pantagruel (Marseille)
- Chloé Enjalbert de Maison du livre (Rodez)
✒ Emmanuelle Cassagnes
(Librairie Liber & Vous, Bourgueil)
Pour son troisième roman, Anne Cathrine Bomann nous propose une plongée kinesthésique en amitié, une réflexion profonde sur notre rapport au vivant et nos manières d’être à soi et au monde.
Introvertie, en marge, Vigga vit d’immuable. Son amitié avec Maiken est l’exclusive parenthèse de sa maladresse au monde. Elle seule la voit. Un lundi, 9h. Vigga fait face à l’Océan. L’Aquarium représente tout ce qu’elle rejette : un bloc, une case de verre dans laquelle le vivant doit se fondre. C’est pourtant là qu’elle embauche pour six mois, contrainte par un système qui veut à tout prix l’intégrer. Chaque jour sans exception, Vigga reste alors dans l’envers du décor, là où elle n’a pas à faire semblant. Semblant que chaque être, humain ou aquatique, évolue librement. Semblant que les parois les préservent. Car entre ces murs comme ailleurs, la jeune femme souffre d’être elle-même, entière et sincère. Partout, pour ne pas détonner, elle s’efface. Jusqu’à ce que Vigga rencontre Rosa. Solitaire, asociale, Rosa aussi est reine du camouflage en nuances et matières. Leurs intelligences se reconnaissent. Alors lorsque la maternité de Maiken s’immisce entre elles, lorsqu’elle sent le regard de son amie se porter ailleurs, c’est auprès de Rosa que Vigga garde pied. De jeux en curiosités mêlées, elles tissent un attachement qui transcende les espèces. Chacun de leur rendez-vous est une exploration de leur présence au monde et une invitation pour Vigga à plonger en elle-même pour, peut-être, refaire surface aux côtés de Maiken. Avec ce singulier triangle, L’Aquarium interroge l’amitié entre femmes. Ses exclusivités, son entièreté, son écartèlement lorsque les maternités s’en mêlent et bousculent leurs synchronicités. L’autrice nous convie aussi à une réflexion sur nos conditionnements, à enfermer, à transmettre, à procréer. Chacune des trois figures féminines présente une facette de notre rapport à la vie, au vivant, et l’on plonge avec curiosité dans ce roman à l’intelligence protéiforme.