Chronique Toutes les vagues de l’océan de Victor del Arbol

  • Victor del Arbol
  • Traduit de l’espagnol par Claude Bleton
  • Coll. «Coll. « Actes noirs »»
  • Actes Sud
  • 04/02/2015
  • 608 p., 23.80 €

Émilie Pautus Librairie La Manœuvre (Paris 11e)

Après le succès de La Tristesse du samouraï (Babel noir), Víctor Del Árbol parvient encore à nous surprendre avec Toutes les vagues de l’océan, un polar à tiroirs audacieux qui nous transporte de la Révolution russe à la Barcelone d’aujourd’hui.

Gonzalo Gil, avocat barcelonais modeste, dépendant de la fortune de sa femme et des largesses de son beau-père, est toujours tourmenté par le souvenir de son père Elias Gil, disparu lorsqu’il était enfant. Prisonnier politique en Russie, communiste engagé dans la guerre civile espagnole, soldat exemplaire de la Seconde Guerre mondiale, ce père est l’incarnation parfaite du héros. Mais la sœur de Gonzalo, policière têtue et acharnée, n’est pas du même avis. Lorsqu’elle se suicide et est suspectée d’avoir tué, avec une extrême cruauté, un mafieux russe responsable de la mort de son propre fils, Gonzalo va attiser la colère de la Matriochka, vaste organisation mafieuse russe, et se heurter à son histoire familiale. Elias Gil arrive en Russie dans les années 1930, imprégné de l’idéal communiste et fort de sa jeunesse. Mais le rêve ne dure pas longtemps. À la suite d’une dénonciation calomnieuse, Elias est emprisonné et envoyé en Sibérie, à Nazino, surnommée à juste titre L’île aux cannibales. C’est dans cet enfer qu’Elias fera la rencontre d’Irina, qu’il aimera d’un amour dévastateur, et d’Igor Stern, incarnation du mal absolu – deux rencontres qui scelleront son destin et celui de ses enfants. Évadé de Nazino, Elias rentrera en Espagne aux pires instants de la guerre civile, connaîtra les camps d’Argelès-sur-Mer, puis les batailles sanglantes en Russie contre les Allemands. Une vie piétinée par la marche de l’Histoire, qui l’aura poussé à prendre des décisions terribles pour survivre. Héros ou salaud, telle est la question que se posent les enfants de ces hommes que l’Histoire a placés devant des choix inextricables. Víctor Del Árbol signe un polar dense et ambitieux qui sonde avec beaucoup de perspicacité les tréfonds de l’âme humaine.

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