Chronique Le Danseur russe de Monte-carlo de Abilio Estévez

Par Émilie Pautus, Librairie La Manœuvre (Paris 11e)

Il suffit parfois de se tromper de train pour enfin respirer le parfum de la liberté. Constantino Augusto de Moreas, vieil homme boiteux et spécialiste du poète cubain José Marti, profite d’un congrès à Saragosse pour partir de Cuba. Constantino brûle son passeport et se retrouve finalement à Barcelone avec, pour seul bagage, sa brosse à dents et une édition abrégée de Chateaubriand. Ses déambulations dans la ville plongée dans l’hiver réveillent les souvenirs de son enfance passée auprès de sa mère et de son oncle Maximo, gardiens de sa mémoire, et, surtout, de ce danseur russe au profil tartare sans cesse en recherche d’équilibre, qui changea sa vie. Dans la pension Quo Vadis, Constantino s’affranchit de son histoire et se délivre du fardeau qu’est devenue La Havane, cette capitale qui n’est plus « qu’une avalanche de désirs accumulés et une accumulation encore plus grande de catastrophes ». Voyage dans le temps, l’espace et la littérature, le roman d’Abilio Estévez se lit comme on respire la douce fragrance du souvenir.

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