Chronique Le Chinois de Henning Mankell

  • Henning Mankell
  • Traduit du suédois par Rémi Cassaigne
  • Coll. «Coll. « Seuil Policiers »»
  • Seuil
  • 06/10/2011
  • 576 p., 22 €

LEROUX BÉATRICE, Librairie GIBERT JEUNE, Paris

En attendant (croisons les doigts !) un hypothétique retour du Suédois dans le monde du polar avec un personnage de l’envergure de Wallander, le Seuil traduit Le Chinois, qui fut publié en Suède en 2008.

Rien qu’avec le titre, on se doute que Mankell va nous servir un peu d’exotisme. Néanmoins, le roman commence dans un village suédois, Hesjövallen, en plein cœur de l’hiver, alors que règnent la neige, le froid et les loups. Karsten Höslin, un photographe de passage, découvre une vraie scène d’horreur : tous les habitants ont été massacrés dans leur maison durant la nuit. Seuls deux couples ont été laissés en vie sans raison apparente, ce qui, dans une enquête policière, n’est évidemment jamais tout à fait le cas. Le malheureux photographe ne survit pas à sa découverte, et pour nous dévoiler les dessous de ces horribles faits, Mankell nous emmène très loin en arrière, en 1863 à Canton, où trois frères sont embarqués de force sur un bateau à destination de l’Amérique. Là, ils travaillent sous la férule de J. A., un Suédois, un « homme [venu] de l’enfer. Et un jour il devra y retourner. » Ambiance !…

En bâtissant son intrigue autour de l’immigration des Chinois en Amérique, puis en Afrique, Mankell montre une fois de plus, avec force exemples et détails – voir le discours de Mugabe reproduit dans le roman – l’intérêt critique qu’il porte au colonialisme, la corruption et la cruauté. Petit bémol : une fois le livre refermé, je me suis aperçue que deux ou trois énigmes restaient en suspens. Ah ! Si Wallander avait été là…

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