Chronique L'autre qu'on adorait de Catherine Cusset

Hélène Woodhouse Librairie Le Bateau Livre (Lille)

Ode à Proust et son temps perdu, aux États-Unis où elle vit, et, bien sûr, à l’ami cher disparu. Catherine Cusset offre un roman extrêmement réussi.

Il y a souvent, dans les livres, des personnages auxquels on s’identifie, d’autres qu’on aime détester, d’autres encore qui nous font rêver, fantasmer. Et puis il y a parfois, rarement, un personnage qui devient notre ami. L’Autre qu’on adorait, c’est Thomas Bulot, qui (re)prend vie sous la plume de Catherine Cusset qu’on retrouve au meilleur de sa forme. Alors que les premières pages s’ouvrent sur la découverte du suicide du jeune homme, la narratrice, son amie de longue date et ex-amante, revient sur son parcours : de ses études à ses amours, de ses succès transformés en échecs, elle dit la trajectoire d’un homme qui avait tout pour réussir et qui va lentement se consumer. Convaincu d’être le meilleur, il enchaînera les faux pas, aussi bien dans son parcours professionnel qu’auprès des femmes. La force du roman tient en partie dans l’adresse de l’auteure à manipuler la deuxième personne du singulier ; c’est ce « tu », peut-être, qui nous rend Thomas tellement vivant, tellement proche, qu’on referme le roman en ayant la vive sensation d’avoir perdu un ami. Il reste le bonheur d’avoir pu sillonner les États-Unis et l’Europe, un temps, à ses côtés.

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