Chronique La Tectonique des plaques de Margaux Motin

Julie Uthurriborde Librairie Montmartre (Paris 18e)

Nouvel éditeur, nouvelle tranche de vie pour Margaux Motin. Dans cet opus paru en collection « Tapas », ce « label avec du rire, des larmes et des sentiments », la jeune trentenaire colle parfaitement à la charte maison avec ses sujets universels et son humour toujours aussi franc et rentre-dedans.

Nous avions laissé Mme Motin dans La Théorie de la contorsion chez Marabout (avant-dernier tome de série), nous retrouvons Mlle Motin dans La Tectonique des plaques, où elle apparaît fraîchement divorcée et vivant seule avec sa fille, mais n’ayant rien perdu de son panache. Tel Bambi appréhendant sa nouvelle vie – elle arbore d’ailleurs un sublime tee-shirt à l’effigie de l’adorable créature –, Margaux Motin se trouve, un peu hésitante entre son ancienne et sa nouvelle vie, à la croisée des chemins. Revenue à une liberté qu’elle n’avait plus connue depuis sa jeunesse, l’héroïne endosse avec ravissement l’état d’adolescente attardée, tandis que son comportement de femme-enfant supplante rapidement ce que son statut de mère implique de responsabilités. Prise de nostalgie pour les années 1980 côtés look et attitude, elle revendique son envie de rester jeune, de boire sans modération, de jurer à tout bout de champ et de sortir s’éclater avec ses copines. Cependant, la réalité, personnifiée par sa mère et sa fille, va vite la rattraper, ainsi qu’un nouvel amour en la personne de son meilleur ami. Se laissant enivrer par l’atmosphère de romance fleur-bleue qui caractérise les premiers temps de sa liaison, elle décide de chambouler totalement sa vie pour son nouvel amour. Alors qu’elle débarque dans le Sud-Ouest tel un cliché parisien ambulant, la vie de province lui ouvre les bras et la comble au-delà de ses espérances. Entre séances de bronzette à la plage, sourires béats, assauts de gentillesse de ses nouveaux amis et préoccupations futiles de jeune femme amoureuse, Margaux plonge dans un épanouissant monde de tendresse. Mais si l’héroïne est un sublime dessin bien habillé et toujours admirablement coiffé, elle n’en est pas moins femme, et la peur de l’échec, dû à sa précédente relation, vient tout gâcher. Brusquement, à la faveur d’un événement que nous ne dévoilerons pas ici et qui agit comme un électrochoc, sa vie d’adulescente se métamorphose en vie d’adulte. Pourtant, cette succession d’événements parfois difficiles finit par donner naissance à une nouvelle femme, tout en apportant un heureux dénouement à ce nouvel épisode des aventures de Margaux Motin – un dénouement évidemment farci de jurons, de soirées alcoolisées et de copines déjantées. Quel plaisir de retrouver Margaux deux ans après ses précédentes aventures. Entre dessins et photos, l’album apparaît plus mature et abouti, à l’image de son auteure. Les fans que nous sommes reprennent leurs plaisirs de lecture avec bonheur : une femme presque toujours bien apprêtée, un peu futile et assumant sa vulgarité, ses achats compulsifs et ses envies de farniente. Dans ce nouvel album, le personnage apparaît plus humain et plus proche de nous. Avec beaucoup de sincérité et d’humour, Margaux Motin traite de sujets qui nous touchent. En revenant sur des passages pas toujours évidents de son histoire, elle ne franchit jamais la barrière du voyeurisme. Mettant en scène des codes communs à tout trentenaire qui se respecte, elle donnerait presque envie de prendre de grandes décisions et de faire des projets pour changer de vie !

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