Chronique Faux nègres de Thierry Beinstingel

Julie Uthurriborde Librairie Montmartre (Paris 18e)

Le titre en dit long sur le livre. Faux nègres… et deux initiales susurrées, celle d’un parti qu’on ne nomme pas. Le roman de Thierry Beinstingel s’annonce comme un choc de cette rentrée.

Pierre n’a pas revu son pays depuis une vingtaine d’années. Rapatrié en France du Moyen-Orient où il exerçait son métier de journaliste en dilettante, son retour est marqué par l’actualité politique des futures présidentielles. Sans jamais citer de nom de parti ni de personnalité politique, le roman évoque l’émergence d’un courant d’extrême droite qui se distingue au premier tour et décide de mener un meeting dans une petite ville de cette France d’en bas qui a voté majoritairement pour lui. Dépêché sur place, Pierre tente de comprendre pourquoi son pays s’est sclérosé. Thierry Beinstingel imagine une histoire dense et brûlante d’actualité, un calque de notre réalité et du paysage politique français. La manière dont il manie la langue, tour à tour poétique, tragique ou obscène, permet de dépasser le contexte sordide dans lequel elle s’inscrit et de propulser le lecteur au cœur des angoisses de cette France délaissée par les élites et ravagée par l’horreur néo-libérale. Thierry Beinstingel signe avec Faux nègres son roman le plus abouti ; un livre qui fera sans doute beaucoup parler de lui en cette rentrée.

Les autres chroniques du libraire

À VOS MARQUES, PRÊTS, LISEZ !

Panne d'inspiration ?

Nos libraires vous conseillent à domicile
tous les vendredis pour vous et vos enfants

Je veux recevoir 6 idées lectures pour moi et ma famille

@