Chronique Trois jours chez ma tante de Yves Ravey

Maria Ferragu Librairie Le Passeur de l’Isle (L’Isle-sur-la-Sorgue)

Un homme engagé dans l’humanitaire se voit contraint de rentrer en France, convoqué par sa tante qui lui annonce qu’elle lui coupe les vivres et qu’elle ne lui versera plus la pension qui assurait sa liberté et sa subsistance.

Première sélection du Prix Goncourt 2017

 

Marcello Martini a quitté la France il y a de nombreuses années pour aller tenter sa chance en Afrique où il a finalement monté une association humanitaire. Il est relativement libre de ses actions grâce aux subsides que lui verse sa tante, une vieille dame fort riche. Le jour où elle le convoque à Paris pour un rendez-vous avec son notaire, il n’a d’autre choix que de venir plaider sa cause. Il n’a pour cela que trois jours car il est attendu à nouveau dans sa mission humanitaire où le haut-commissariat aux réfugiés doit le visiter et le contrôler. Ainsi commence ce roman grinçant qui va très vite nous entraîner vers d’autres pistes où les masques tombent et où la frontière entre les gentils et les méchants n’est pas aussi claire qu’il y paraît. Alors que l’on plaint au départ ce pauvre Marcello – soumis au bon vouloir d’une tante qui ne se prive pas de le manipuler et de souffler le chaud et le froid –, très vite quelques doutes quant à l’honnêteté de ce personnage ne vont pas tarder à se faire sentir ! On assiste avec une certaine délectation à l’image du neveu parfait qui vole en éclats au fil des découvertes. Ce personnage d’antihéros révélant peu à peu ses turpitudes est tout à fait réjouissant. On le découvre ainsi avide d’argent, cherchant dans les pages des livres de sa tante un billet égaré, mais aussi père absent et inconséquent, homme acculé aux plus basses extrémités. On retrouve finalement en lui tout ce qui fait les destins tragiques de ceux qui se sont laissés dépasser par ce qui a commencé comme un petit mensonge et se termine en drame familial. Yves Ravey nous livre un roman noir enthousiasmant qui explore les rapports de pouvoir et de domination liés à l’argent. Parfois très sombre ou franchement drôle, il nous emporte dans ce drame familial à la mécanique implacable !

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