Chronique Mensonges d’été de Bernhard Schlink

  • Bernhard Schlink
  • Traduit de l’allemand par Bernard Lortholary
  • Coll. «Coll. « Du monde entier »»
  • Gallimard
  • 14/06/2012
  • 304 p., 21 €

Par Jean-Marc Brunier, Librairie Le Cadran lunaire, Mâcon


Bernhard Schlink, auteur du merveilleux Liseur paru il y a déjà longtemps, nous revient avec un recueil de nouvelles. Sept nouvelles comme sept variations autour du thème de l’amour, de l’engagement et de la juste décision.


Toutes les nouvelles de ce recueil, ou presque, mettent en scène un couple, une histoire de couple. Et à travers ces histoires de relations amoureuses, Bernhard Schlink explore la complexité de relations si particulières, si fragiles et qui mettent en jeu des sentiments parfois contradictoires. Surtout, il nous interroge sur les circonstances qui font se rencontrer les êtres, sur la vérité de leurs engagements et les choix de vie que cela implique, les décisions à prendre, celles que l’on voudrait le plus juste possible. Mais juste pour qui ? Dans la troisième nouvelle, « La maison dans la forêt », un couple d’écrivains s’installe avec leur fille dans une maison isolée au fond des bois, à l’écart de toute vie mondaine. Lui se met totalement au service de sa fille et de sa femme qui, elle, passe son temps à écrire. Très vite, le mari, que l’on voyait aimant et dévoué, se révèle possessif, exclusif jusqu’à transformer le petit nid douillet en véritable prison pour sa femme. Pour la garder et l’éloigner des autres, il commettra jusqu’à l’irréparable… Cette nouvelle est emblématique du ton du recueil, dont les différents récits invitent à réfléchir sur la vérité du sentiment amoureux, sur ses limites et ses éventuels dérèglements. Dans la dernière nouvelle (très forte), une vieille dame au crépuscule de sa vie semble bien désabusée et rivalise d’hypocrisie avec ses enfants et petits-enfants. Il faut faire bonne figure, même quand il n’y a plus de sentiments. Elle entreprend un voyage vers le sud, le sud de sa jeunesse et celui d’un premier amour. Elle part le retrouver et le rencontrer. Surtout, ce périple est un voyage vers la vérité, une vérité qu’elle s’était toujours cachée, fermant les yeux sur ses petits arrangements et autres renoncements. Mensonges d’été contient toutes les thématiques chères à l’auteur. N’oublions pas que dans la vie civile, Bernhard Schlink est juge. Avec ce recueil dense et parfaitement maîtrisé, il cherche à nous dire la vérité, la vérité des êtres, la vérité des sentiments. Et la futilité de tout jugement.

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