Chronique Les Fleurs d’hiver de Angélique Villeneuve

JEAN-MARC BRUNIER, Librairie Le Cadran lunaire, Mâcon

Année de commémoration oblige, les livres sur la Grande Guerre fleurissent. Parmi ce foisonnement éditorial, l’ouvrage d’Angélique Villeneuve fait figure d’exception singulière et incontournable. D'abord parce que l’auteure est une orfèvre qui cisèle ses phrases et ses livres comme un maître artisan, tout en finesse et délicatesse. Ensuite, et surtout, parce qu’elle a choisi de mettre en avant le point de vue des femmes pour dépeindre l’horreur de la Première Guerre mondiale, et en particulier celui d’une femme, Jeanne, jeune mère ouvrière, paysanne bressane laissée seule avec sa petite Léonie. Pour subvenir aux urgences du quotidien, aux pénuries de nourriture et survivre à un travail harassant, elle lutte pieds et poings. Jeanne, forte, solide et lucide, combattante à sa manière, se débrouille. Alors quand revient Toussaint, son homme, démobilisé après plus d'une année passée à la Salpêtrière, la gueule cassée, elle doit faire avec, tenter de recommencer à vivre près de lui, de réapprendre les mots et les gestes de l'amour, d’essayer d'oublier la peur, les regards horrifiées et de redonner à son époux brisé le goût de vivre. De vivre et d'aimer. Jeanne mettra tout son cœur, son courage, son habileté pour y arriver, avec la même patience et la même tendresse qu'elle met à fabriquer ses fleurs d'hiver. Pour qu'enfin celles-ci deviennent des soleils de printemps.

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