Chronique Les Mirages de la certitude de Siri Hustvedt

  • Siri Hustvedt
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Le Boeuf
  • Coll. «NULL»
  • Actes Sud
  • 21/03/2018
  • 320 p., 22 €
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Florence Zinck Librairie Sauramps Comédie (Montpellier)

Romancière, essayiste et intellectuelle américaine, Siri Hustvedt est maître de conférences en psychiatrie et en neurologie à New York, auteure en 2010 de La Femme qui tremble, sur les troubles neurologiques, et de Vivre penser regarder en 2013 (Actes Sud et Babel).

Avec son nouvel essai, Les Mirages de la certitude, Siri Hustvedt nous donne une réflexion sur la différence entre l’esprit et le cerveau. Elle s’intéresse à quatre philosophes européens du XVIIe et du XVIIIe siècles, René Descartes, l’un des fondateurs du mécanisme, dans lequel le raisonnement et Dieu sont liés, Thomas Hobbes et son modèle matérialiste et mécanique des êtres humains et de la nature, Giambattista Vico, précurseur de la pensée complexe, et Margaret Cavendish ignorée de son vivant pour sa démarche anti-mécanistique. Dans leur monde où toutes les vérités s’effondraient et dans lequel seule la raison cartésienne constituait le pivot, Vico « édifia une défense rigoureuse de la rhétorique, de la culture et de l’Histoire, grâce à la métaphore et à la mémoire ». Par ses multiples points de vue interdisciplinaires, mêlant la psychanalyse, la philosophie et les neurosciences, l’auteure nous ouvre la voie vers une pensée éclairée mais aussi complexe. Elle montre cette dichotomie qui existe entre le corps et l’esprit, et démontre que l’expérience humaine ne peut pas être réduite au fonctionnement seul du cerveau. Ce livre est un bel éloge du doute, à l’heure où la société est à la recherche de certitudes, dans un monde centré sur une science omniprésente, une course effrénée vers de nouvelles technologies, l’intelligence artificielle, un transhumanisme comme réponse à l’angoisse de la finitude. Aujourd’hui, afin de sauvegarder l’avenir de l’humanité, Siri Hustvedt nous achemine et nous engage à la fertilité du doute qui permet d’accepter l’ambiguïté et les failles dans le savoir, de poser des questions dont les réponses seront le fruit du dialogue entre la science et toutes les disciplines des sciences humaines.

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