Chronique Ce que social veut dire de Axel Honneth

  • Axel Honneth
  • Traduit de l’allemand par Pierre Rusch
  • Coll. «Coll. «NRF Essais»»
  • Gallimard
  • 08/11/2013
  • 22 p., 50 €

Florence Zinck Librairie Sauramps (Montpellier)

Rien ne bouscule tant dans les essais d’Axel Honneth que sa lutte pour la reconnaissance, même si cette notion ne représente pourtant qu’un aspect de son œuvre. Car cet éminent professeur allemand n’a cessé d’évoluer au cours de ses écrits.

En s’interrogeant sur « ce que le social veut dire », titre de son dernier ouvrage, cet audacieux philosophe et sociologue, représentant de la troisième génération de l’École de Francfort (succédant notamment à Horkheimer, Adorno et Habermas), hérite d’une tradition de pensée : celle de la Théorie critique. En faisant plus que dénoncer l’absurdité des structures et face aux dysfonctionnements de la société, il pose un regard critique sur la réalité contemporaine, celle du « déchirement social ». Les pages qui composent cet essai étudient d’abord les racines hégéliennes, en passant par Kant et la justification de l’hypothèse du progrès, « d’une lutte sociale pour la reconnaissance » à laquelle la nature nous incite en nous dotant d’une « insociable sociabilité », Fichte et l’importance d’une intervention subjective, Hegel et la signification essentielle du désir pour la conscience de soi et les raisons de son échec, à l’origine de l’idée hégélienne d’une « philosophie du droit ». « Sois une personne et respecte les autres comme personnes ». L’auteur étaye sa pensée au travers de référents contemporains dont il souligne aussi les travers : Sartre et sa théorie de l’intersubjectivité induisant « l’inévitable négativité des relations humaines », Lévi-Strauss en Rousseau structuraliste, Merleau-Ponty et son intérêt pour le langage comme phénomène expressif, la théorie de la société de Castoriadis, la sociologie de la culture de Pierre Bourdieu, pour ne citer qu’eux. Axel Honneth nous démontre sans idéaux que le besoin d’humanité de l’homme est défini par les mécanismes intersubjectifs de socialisation, lesquels ne sont jamais sans luttes face à ce qui offense, ce qui outrage, ce qui prive… comme une possibilité permanente de chute. En ce sens, il nous aide aussi à repenser la société dans laquelle nous vivons. Ce qui pourrait soulever une autre question : la reconnaissance ne serait-elle pas aussi une quête infinie de soi ?

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