Chronique Le Désir de Byung-Chul Han

Florence Zinck Librairie Sauramps (Montpellier)

Dans Le Désir ou l’enfer de l’identique, dont le titre original est Agonie de l’Éros, le philosophe allemand d’origine coréenne Byung-chul Han nous fait part de son désarroi face à la mort programmée du désir.

C’est bien de cela qu’il s’agit dans le dernier livre de Byung-Chul Han : l’amour dans sa vérité, luttant pour ne pas tomber dans les travers de l’individualisme contemporain. « Il y faut le courage d’un anéantissement de soi au profit de la découverte de l’autre », écrit le philosophe Alain Badiou dans la préface. L’essai évoque tour à tour cette lutte incessante de la différence, loin de l’identique qui ferait de nous des êtres aliénés et narcissiques, au moyen de références littéraires, telle l’histoire de Tristan et Iseult, et philosophiques. L’auteur critique « l’éthique du soi » de Michel Foucault, valorise Buber et la « distance originaire », c’est-à-dire la capacité à faire l’expérience de l’autre « à l’aune de son altérité », ou encore, s’appuie sur l’éthique de l’Éros pensée par Levinas, l’autre se dérobant à tout pouvoir. Marsile Ficin est une autre référence de l’auteur, pour ce qu’il dit du sujet, exhorté à se métamorphoser. Byung-chul Han poursuit une réflexion déjà amorcée dans un précédent ouvrage, La Société de la fatigue (Circé, 2014). Il nous invite à une réflexion sur le devenir du désir. Comme l’écrit Rimbaud dans Une saison en enfer, « l’amour est à réinventer ».

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