Chronique Une singularité nue de Sergio de la Pava

Hugo Latreille Librairie Nouvelle (Asnières)

Ouvrir un « Lot 49 », insigne collection du Cherche midi, est une promesse jamais bafouée : celle d’entrer dans « un laboratoire (…) où chaque livre tente d’inventer sa propre forme, de faire délirer la narration » (Claro). Ce roman, retoqué par quatre-vingt-huit agents et éditeurs avant de se faire remarquer comme l’un des grands romans américains de la décennie, ne déroge pas à la règle. C’est un monde, celui de Casi – brillant avocat new-yorkais englué dans le marasme sans fond de la justice américaine –, qui va entièrement se déliter en même temps que lui est proposé le crime parfait. Voilà Une singularité nue, monstre magnétique, premier roman iconoclaste habité d’une galaxie de personnages psychotiques et de circonvolutions surdouées. Où l’on juge expéditivement, devise magistralement, boxe radieusement, vrille allégrement. Une prose prodigieuse et féroce, dans la droite lignée d’un David Foster Wallace et d’un Thomas Pynchon, un beau Pava dans la mare de la littérature normée.
 

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