Chronique Le Jardin des Sept crépuscules de Miquel de Palol

  • Miquel de Palol
  • Traduit du catalan par François-Michel Durazzo
  • Coll. «NULL»
  • Zulma
  • 01/10/2015
  • 1152 p., 28.50 €
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Hugo Latreille Librairie Nouvelle (Asnières-sur-Seine)

Avec Le Jardin des sept crépuscules, le Catalan Miquel De Palol nous irradie d’une pure folie architectonique. Une myriade de romans peuplent ce monument paru en 1989, pour la première fois publié en France. Merci Zulma.

Un verre de cognac à la main, vous voilà confortablement installé dans un fastueux salon. Entouré des puissants de ce monde, vous êtes à l’abri dans un château recelant une foule de mystères. Dehors, c’est la guerre nucléaire. Il ne vous reste qu’à écouter les histoires de ces hommes pour entrer au sein du Jardin des sept crépuscules, cet immense coup de folie romanesque. En 2013, Phrixos le fou (Zulma), puis À bord du Googol (Zulma) un an plus tard, nous donnaient à lire les cinq premières des sept journées passées en compagnie de cette communauté sibylline. S’y déployait déjà un labyrinthe déroutant de récits, qui nous attirait imperceptiblement vers l’intrigue centrale, celle par laquelle l’apocalypse arriva : l’histoire de la toute-puissante banque Mir, en proie à une lutte de succession sans pitié, et de l’inestimable pierre précieuse qu’elle protège. Tapi dans l’ombre, l’insaisissable Oméga semblait tirer le moindre fil narratif. Aujourd’hui sort enfin, sous forme d’intégrale, la suite et fin de ce pur chef-d’œuvre : les histoires reprennent, s’entremêlent, échafaudent peu à peu un hyper-roman d’une portée inouïe. Nous embarquerons à nouveau à bord du Googol, ce navire ultra sophistiqué commandé par l’Institut, un nébuleux service d’espionnage. Une chasse aux pirates maniant des sabres laser, une secte proposant à ses membres des façons toujours plus innovantes de se tuer, de complexes manipulations politiques, des fulgurances philosophiques, des revirements ébouriffants, de la poésie, du cul… Et cet énigmatique jardin qui s’annonce comme la clef de voûte de l’œuvre. L’imaginaire est sans limites, l’intrication des récits constante, la virtuosité vertigineuse, l’humour omniprésent. Et à chaque instant, le dénouement se dérobe quand il semble à portée.

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