Chronique La Petite Danseuse de quatorze ans de Camille Laurens

Caroline Clément Librairie Coiffard (Nantes)

C’était une toute jeune fille qui posait pour Edgar Degas. Petit rat à l’Opéra de Paris. Poupée de cire devenue bronze. Camille Laurens a enquêté. Destins croisés d’une jeune fille, d’un artiste et d’une société.

Camille Laurens a poussé la porte de l’atelier d’Edgar Degas, là où on ne l’attendait pas. Elle est entrée dans son appartement de la rue Fontaine, IVe arrondissement de Paris, imaginant très fort, depuis la réalité, le détail de certaines scènes, répétant à sa manière les gestes possibles, les échanges probables. Camille Laurens a imaginé. Elle a surtout enquêté sur les circonstances, jusqu’à l’infime, de la réalisation d’une œuvre qui, avant d’ébranler son histoire et sa sensibilité, a ébranlé le monde de l’art au xixe siècle. Une œuvre de cire y a vu le jour, comme une poupée, vêtue, aux cheveux épais. Une poupée ressemblant, mais jusqu’où, à la jeune Marie Van Goethem, petit rat à l’Opéra Garnier, qui posait pour cet artiste et pour d’autres, comme bon nombre de danseuses alors pouvaient le faire. La fillette, sans beauté, sans charme, à l’air insolent, gagnait ici de l’argent mais aussi un peu de répit, hors des heures éreintantes des répétitions et de la discipline implacable de l’Opéra ; hors d’un milieu réputé pour ses mœurs douteuses. Camille Laurens, authentiquement éprise de Marie, de sa misère et de ses quatorze ans, a donc tout fait pour se rapprocher d’une jeune fille qui avait bien des raisons de la fasciner.

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