Chronique Ici comme ailleurs de Lee Seung-U

  • Lee Seung-U
  • Traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet
  • Zulma
  • 03/05/2012
  • 352 p., 22 €

Caroline Clément Librairie Coiffard (Nantes)

Sori. Prononcé avec un lointain accent anglais, on jurerait que ce nom est celui de la désolation. Un sorry, pour indiquer une destination d’exil, une petite ville au milieu de nulle part, qui se perd dans une région reculée de la Corée du Sud et vers laquelle Yu est poussé sans ménagement. « Quiconque serait parachuté dans cette ville ne pourrait en ressortir par ses propres moyens. » Est-ce alors une forme d’excuse faite à l’homme ? Employé du Gangsan Complex Resort, Yu sait que sa mutation correspond à une mise au placard. À Sori, lui, l’étranger, poète aux rêves prémonitoires, est au bord de l’enlisement. Le pays est austère et bientôt le sol – entendez la terre ferme, la raison – se dérobe sous ses pieds. L’atmosphère est déroutante, menaçante. Les scènes sont kafkaïennes. Et pour cause. Lee Seung-U, inspiré par Dostoïevski, Hesse, Gide ou Camus, admirateur fervent de l’auteur du Procès et du Château, ici une même entrée, sombre et géniale, dans le monde de l’absurde.

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