Chronique Vertige de l'hélice de Vincent Borel

François-Jean Goudeau I.U.T. de La Roche-sur-Yon

12 décembre 1889. Charles Sanois, marchand de vin, s’apprête à quitter Cadix. Avec pour première étape les îles Canaries, avant le grand saut atlantique et une destination que l’homme de 55 ans, visiblement éprouvé, ne connaît pas encore. Sous les habits du négociant se cache en réalité un compositeur auréolé d’un succès bruyant, étouffant, fuyant les affres d'une existence au sens devenu absent : Camille Saint-Saëns. C’est sur la Grande Canarie, et non dans les trop lointaines Amériques, que l’artiste va trouver « l’éternelle jeunesse du plaisir », en dansant une heureuse valse canariote avec un jeune domestique métisse. Parce que le dicton espagnol dit « L’œil regarde et la langue tue » ; parce qu’il a découvert un désir d’amour sur une île, vestige à la fois d’un continent englouti, l’Atlantide, et des chagrins du passé ; parce qu’il entend enfin crépiter les étoiles, l'homme recouvre le souffle de son art et de son envie. Texte volcanique à la langue inspirée, lucide et orageuse, Vertige de l’hélice de Vincent Borel est une merveille incandescente et poétique.

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