Chronique Les Beaux Jours de Emilie Besse

François-Jean Goudeau Etablissement Scolaire IUT La Roche-sur-Yon (La Roche-sur-Yon)

Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve. Telle est la philosophie inavouée et inavouable de Lise Durville, jeune femme de 38 ans dont le présent semble des plus souriants : un emploi militant et passionnant, un époux rassurant et constant, une petite Justine gracile et affectueuse. En vérité, le portrait est aussi flatteur que trompeur. Car elle est « occupée à raccommoder sa peine », à courir « après une ombre, une silhouette qu’elle avait cru reconnaître et qu’elle ne retrouverait peut-être pas ». Si ce passage évoque une réminiscence amoureuse, il est sans doute le plus révélateur de la presque folie de sa narratrice, prisonnière d’un cruel secret, symbolisé par Marie-Noëlle, une sœur imaginaire, une « poupée enfermée dans un placard ». Lise n’en finit pas avec « l’histoire volée de sa vie » où, des premiers souvenirs de l’enfance jusqu’à l’approche de la quarantaine, tout est resté enfoui, englouti, au fond des abysses. Émilie Besse, qui signe ici un premier et beau roman, lui offrira ce temps de l’apaisement, enfin.

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