Chronique Les Ragazzi de Pier Paolo Pasolini

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Philippe Poulain Librairie L’Atelier (Paris 20e)

Le roman du poète et cinéaste Pier Paolo Pasolini est republié soixante ans après dans une nouvelle traduction, d’où le rêve et la réalité sortent plus frémissants encore.

En janvier 1950, Pasolini s’installe à Rome, ayant dû quitter les campagnes du Frioul où il vivait avec sa mère, comme chassé du paradis terrestre. C’est à Rome, à l’un des premiers enfers de l’Italie d’après-guerre, qu’il consacre I ragazzi di vita, dont le titre français conserve la saveur originale. Travaillé sur cinq années, c’est un roman très documenté sur les borgate, ces zones de banlieue où vit (survit) le sous-prolétariat. Pour mieux partager le quotidien de ces adolescents à qui ni la famille, ni l’école, ne proposent de cadre, Pasolini écrit tous les dialogues en romanesco, dialecte parlé dans les faubourgs de Rome, habilement traduit pour cette nouvelle édition par Jean-Paul Manganaro. Afin de contrer cet excès de vérisme, Pasolini laisse la poésie se glisser, avec pudeur, comme le sourire d’un enfant avant qu’il prenne conscience de son rôle et de son pouvoir de destruction. Ainsi, à la fin du premier tableau, le tout jeune Riccetto plonge dans la rivière pour sauver une hirondelle et lui redonner son élan. Le même Riccetto, quelques années plus tard, après maints petits vols et quelques séjours en prison, reste sur la rive, tandis qu’un de ses camarades est entraîné par les courants de la même rivière.

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